Virginie de Galzain

L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre.
Tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre.

Antoine de Saint-Exupéry


ILLETTRISME : LE MOT POUR LE DIRE !


Par Virginie de Galzain, photographe


 
Nommer ou ne pas nommer ? Voir ou ne pas voir ? Comme de nombreux autres, l’illettrisme est de ces sujets prioritaires dont il est urgent mais « délicat » de parler. Le nommer, c’est risquer d’étiqueter, de stigmatiser, de provoquer l’exclusion de ceux qui sont concernés. Ne pas le nommer, c’est nier une réalité humaine, éducative, professionnelle, sociale.
C’est pourquoi j’ai décidé d’en faire le cœur d’un photoreportage*. C’est pourquoi nous choisissons de le “ dire ”.
 
Lire et écrire : ne plus savoir…
 
L’illettrisme est un mot, une notion, une réalité qui fait peur. Une réalité taboue car elle sous-tend la différence, l’inacceptable, l’impossible particulièrement dans notre pays. Car c’est un fait : plus de 3 millions de personnes en France sont en situation d’illettrisme. Plus 3 millions de personnes de plus de 16 ans qui ont été à l’école mais qui ont perdu la maîtrise de l’écriture, de la lecture et/ou du calcul. Ce que l’on appelle aujourd’hui dans le jargon des initiés : “ les connaissances de base ” voire “ les compétences clés ”. Des clés indispensables pour ne pas rester à la porte de la société.
 
▪ Avoir accès à une éducation qui conduit à la réussite de tous ? C’est un préalable au bien-être, au développement, à l’avenir de tout individu, de toute société. C’est rendre possible le progrès et l’avenir social, le développement professionnel et donc la stabilité d’une entreprise, et par extension la croissance économique et le maintien de la démocratie. C’est permettre à tous de tendre vers plus de sécurité. De cette sécurité qui donne confiance et permet d’avancer.
 
▪ Car maîtriser la lecture et l’écriture, ce n’est pas seulement reconnaître l’alphabet, savoir déchiffrer un texte ou savoir compter sur ses 10 doigts ; on peut savoir « lire » à peu près un article de magazine, mais ne pas pouvoir lier les informations les unes aux autres, ne pas comprendre ce qu’on lit ou faire des contre sens préjudiciables. On peut faire ses courses car on a mémorisé visuellement les emballages et ne pas savoir que dans le paquet de biscuits de son fils, il y a un composant auquel il est allergique parce qu’on ne peut pas le lire. On peut être capable de bricoler des placards et des meubles chez soi comme un professionnel et ne pas comprendre une règle du jeu ou une notice de médicament. On peut laisser un mot à son enfant pour lui dire que l’on va rentrer tard et ne pas pouvoir l’aider à faire ses devoirs.
 
▪ On peut enfin avoir un emploi (plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi, ndlr) et se trouver au pied du mur le jour où cet emploi demande des compétences nouvelles : entrer des données avec des outils informatiques, utiliser un nouveau matériel qui suppose d’avoir des acquis minimum par exemple. Ce jour-là : que faire si on se trouve face à un employeur qui « n’imagine pas que… » ? Démissionner, par peur de le dire, de se retrouver dans un placard ou d’être licencié ? Avec, à la clé, des difficultés financières et d’emploi inhérentes. Ou bien en parler : mais comment ? Et à qui ?
 
Autant d’éléments qui révèlent d’une part la capacité relative à « vivre avec », à « se débrouiller » pour que cela ne se voit pas, et d’autre part les obstacles importants qui fragilisent les individus dans tous les aspects du quotidien.
 
… à la sérénité, à la liberté
 
Connaître et maîtriser les « savoirs de base », c’est pouvoir être autonome, indépendant. Quel que soit son niveau post-scolaire, c’est être à égalité avec les autres pour ce qui concerne le quotidien : pouvoir soutenir une conversation, répondre clairement et efficacement à des demandes, faire son travail en limitant le risque d’erreurs, lire et comprendre un livre, répondre à une annonce, se présenter lors d’un entretien d’embauche, analyser un contrat ou un devis avant de le signer, participer à la scolarité de ses enfants.
 
▪ C’est aussi avoir le choix d’agir et de penser : de vivre le présent plus sereinement et de mieux préparer son avenir. C’est savoir que l’on dispose d’un socle qui permet d’aller plus loin, de faire des études, une formation professionnelle. En tout cas d’essayer pour savoir de quoi l’on est capable. C’est se dire que l’on n’est pas tenu d’accepter des emplois instables, peu voire non qualifiés sous x prétextes alors que l’on a des aptitudes fortes pour certaines disciplines, compétences. Ce, dans la mesure des moyens disponibles. C’est en substance apprendre, progresser tout au long de sa vie, car nous sommes tous en apprentissage constant.
 
▪ C’est être moins malléable, moins sujet à manipulation et avoir les capacités de vérifier et de s’approprier les informations que l’on reçoit. C’est pouvoir réfléchir, prendre du recul, réagir, débattre, dire oui ou non, savoir mieux pour qui et pour quoi l’on va voter au lieu de suivre un mouvement. Par exemple.
 
▪ C’est enfin, et peut-être même surtout éprouver ces sensations de plaisir, d’évasion, d’interrogation et d’émotion que les mots offrent sous toutes leurs formes, tous leurs modes de diffusion et d’appréhension. C’est être conscient de la valeur du savoir, de sa transmission. C’est avoir un accès inépuisable et renouvelable aux mondes qui nous entourent, à la connaissance, dans un partage permanent avec les autres. Je lis, donc je suis… libre !
 
Détection et prise en charge ?
 
Toute la difficulté est là. Cela ne se voit pas. Cela ne s’imagine même pas a priori. Conséquence : la détection des personnes en situation d’illettrisme ne va pas de soi. Comment détecter une personne concernée, ce, de façon suffisamment juste pour qu’elle ne se sente pas en situation d’infériorité ou de honte ?
 
▪ Pourquoi les 40 000 jeunes (chiffre moyen) détectés chaque année en situation d’illettrisme à la suite des tests de lecture des JDC (journées Défense et Citoyenneté) ne bénéficient-ils pas d’une prise en charge spécifique suffisante : malgré leur signalement, quand bien même ils seraient encore scolarisés ? Car rester sur les bancs de l’école et faire acte de présence dans ces conditions est pour le moins inutile et non constructif. Pourquoi attendre ?
 
▪ Comment, une fois ces difficultés détectées, y répondre tout en tenant compte des capacités, des points forts de ladite personne ? Mais aussi de son contexte de vie (situation économique, familiale, environnementale) ? Est-ce que l’on est prêt à s’adapter à chacun pour qu’il ait toutes les chances de s’en sortir mais aussi de trouver « sa » voie et non « celle » qu’on aura parfois voulu tracer pour lui de l’école à la vie professionnelle ? Ou la prise en compte des moyens disponibles, des systèmes en place, des quotas d’accès aux formations et à l’emploi est-elle plus forte ? Autant de questions qui attendent encore certaines réponses.
 
▪ Dire ou ne pas dire ? Car qui va admettre d’emblée qu’il ne maîtrise pas la lecture et l’écrit voire qu’il est en situation d’illettrisme ? Les jeunes qui sortent de l’école sont étiquetés « illettrés » parce qu’ils ont dépassé le seuil des 16 ans ; dans leur esprit, ils sont avant tout en échec scolaire et doivent réapprendre à avoir confiance en eux, à savoir pourquoi apprendre. Ils ne vous dirons pas : « Je souhaite faire une formation car je ne sais pas lire » mais « Je souhaite faire une formation pour travailler, pour ne pas finir dans la rue ». La vision est résolument positive.
 
▪ Et là, se pose l’organisation du suivi, de l’orientation, de l’interaction et de l’interconnexion des acteurs car il est non seulement illusoire mais aussi absurde de ne pas lier davantage et mieux les maillons de la chaîne. Une chaîne qui existe mais qui a besoin de soutiens importants et d’un engagement politique renouvelé. Avec des acteurs qui savent que les enjeux sont la réussite scolaire, l’accès à la formation et à l’emploi, la stabilité de l’entreprise et de la société, la valorisation de l’être humain.
 
Une priorité gouvernementale : et si on apprenait à « voir » ?
 
Plus de 3 millions de personnes en situation d’illettrisme en France. Plus de 80 millions en Europe. Comment est-ce possible ? Nous ne sommes pas en guerre. Le pays est maillé d’établissements scolaires et l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans révolus pour tous les enfants présents sur le territoire : français ou étrangers. Et la crise actuelle n’a rien à voir là-dedans : cet état de fait remonte à plusieurs décennies. (En revanche, elle risque fort d’être (mal) invoquée pour (re)définir les priorités, ndlr). So what ?
 
▪ Avoir accès à l’éducation est un droit fondamental pour tous. Avec l’accès à la nourriture, à l’emploi, au logement et à la santé, l’éducation représente un des 5 piliers des droits fondamentaux de l’être humain. De ces piliers « clés », « de base » qui devraient ressortir en top 5 de chaque programme présidentiel, qui doivent faire partie d’un socle constant de priorités gouvernementales et ce, d’autant plus qu’elles concernent de plus en plus de personnes dans notre pays et dans le monde.
 
▪ Complexe, cette priorité est à prendre en compte dès le plus jeune âge pour prévenir, et tout au long de la vie pour garantir. Les actions sont à mener de front et de concert avec l’Éducation, la Formation et l’Emploi, en créant encore plus de ponts, en levant plus de verrous, en décloisonnant les systèmes ; en faisant en sorte que tous les acteurs concernés prennent appui les uns sur les autres, travaillent ensemble et pas – dans certains cas – chacun pour sa paroisse. Force est de constater de nombreux sont ceux, parmi ceux qui agissent envers les 16-25 ans notamment, qui souhaitent plus de suivi, d’échange d’informations et d’expertises, de simplicité relationnelle et fonctionnelle.
 
Cette volonté est motivée par une conscience et une reconnaissance du rôle de chacun dans ce travail considérable sur le terrain ; par une nécessité évidente et seule qui vaille : celle d’agir ensemble de façon efficace vers un unique objectif. Ce, au-delà d’autres impératifs : le temps, l’espace, la souplesse d’action, les relais nécessaires, des personnes engagées et compétentes, l’assurance de soutiens financiers à long terme.
 
▪ Il est donc urgent que les dirigeants et les entrepreneurs de ce pays prennent et/ou gardent la conscience active que des millions de membres de la société sont exclus et n’ont pas leur vie ni leur avenir en main. Si tant est qu’on les ait un minimum aujourd’hui : raison de plus pour que chacun ait un socle commun d’acquis. Raison de plus pour que ce droit à une éducation égalitaire soit valable et réalisable pour et par tous. Ainsi un jour peut-être, on ne parlera plus d’illettrisme.
 
 
EN SAVOIR PLUS :
Le site de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme http://www.anlci.gouv.fr/
* Reportage Illettrisme, droit de savoirs http://droitdesavoirs.wordpress.com/

Virginie de Galzain

Illettrisme : Droit de savoirs ©Virginie de Galzain


Réalisé en 2011, le reportage « Illettrisme : droit de savoirs » met en avant la nécessité pour tous d’avoir accès à un droit fondamental : l’éducation, et par extension, la formation et l’emploi.
Après un parcours de journaliste, Virginie de Galzain est aujourd’hui photographe. Un choix qui lui permet depuis plusieurs années de faire son métier en images, d’aller au-delà des mots.

Ce média a pour elle un pouvoir de diffusion, d’information et de changement positif. C’est aussi un relais de celles et ceux qui n’ont pas ou plus la parole, un témoin à la fois magique, surprenant ou frontal de réalités parfois invisibles, un révélateur de ceux qui agissent en faveur des personnes en difficultés.

« Ce n’est pas l’actualité qui fait la photo, c’est la photo qui devient actualité. »

Son travail s’inscrit dans le temps : celui de la prise de vue, de l’échange, de la vie présente et des avenirs possibles. À dimension artistique, sociale, citoyenne, ses photographies peuvent toucher chacun, mêlant sensibilité, proximité et information.
Engagée, cette jeune femme va au cœur de sujets de société comme la santé, l’éducation… sur fond de respect des droits humains. Elle collabore par ailleurs avec des associations de solidarité nationales ou internationales. Depuis 2008, elle s’investit dans un projet photographique sur les différences invisibles en France.
Des différences de tout ordre qui conditionnent le regard de l’autre et la vie au quotidien, au risque d’exclure ceux qui en sont porteurs.


Les révéler, c’est casser les idées reçues et permettre à tous d’avoir une place active dans la société de façon égalitaire et humaine.
Nous avons souhaité mettre en avant le photo-reportage « Illettrisme Droit de Savoirs ». Mis en place courant 2010, en lien avec l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), il a été réalisé sur toute l’année 2011. Son axe : remonter la chaîne des acteurs de la lutte contre l’illettrisme, en commençant par le soutien aux 16-25 ans. Un choix d’autant plus important qu’il concerne une classe d’âge à la frontière du système scolaire, de la formation et de l’emploi. « Comment préparer son avenir, faire des choix en matière de formation, de profession, de vie si l’on ne maîtrise pas des savoirs aussi essentiels que l’écriture et la lecture ? Comment être libre ? » précise la photographe.

Entre portraits de jeunes et de tuteurs, détails et scènes de vie en test ou en apprentissage, les photographies évoquent des instants d’investissement personnel, de partage, d’implication, de doute et de solitude, de fierté retrouvée. Partie intégrante du reportage, les témoignages sont un autre « arrêt sur image » : l’expression pour les jeunes, comme pour ceux qui les accompagnent des difficultés et de la nécessaire reprise de la confiance en soi pour progresser, pour construire son avenir. Et par là même, celui de sa famille, de son entreprise, de son pays.
Avec, en fil rouge, l’ouverture aux autres et à soi, le désir et le plaisir d’apprendre toujours plus.
Une exposition de ce projet est en cours de préparation.
Pour en savoir plus:
 
http://vdegalzain.wordpress.com
http://droitdesavoirs.wordpress.com

Cartographie Web

 

Qu’est-ce qu’une cartographie web ?

 

La cartographie web met en lumière l’actualité d’un sujet développé sur la toile via le référencement de mots-clés. L’analyse de ces données permet la répartition et la hiérarchisation des informations ainsi collectées.


Il est ainsi possible de mettre en exergue les acteurs d’un sujet et de déterminer quelles sont les plateformes les plus performantes avec la fréquence de leurs visites.

 


 
Comment interpréter cette cartographie web ?

 

Nous avons choisi de mettre en avant le sujet de l’illettrisme pour identifier son importance dans :
 
- Les lieux de discussion en ligne autour de l’illettrisme
- Les acteurs (institutionnels, entreprises, associations, professionnels de santé, de l’enseignement, bénévoles …), repérés à travers ce


qu’ils disent de leurs actions ou encore ce que d’autres publics en disent
- Les situations exprimées par les illettrés et leur entourage, illustrant des besoins d’information pour trouver de l’aide
- Les thématiques des publications web, illustrant des besoins ou des offres d’information mais aussi la multiplicité des portes d’entrée pour rechercher une information


 
Avec une moyenne mensuelle de 500 citations, nous pouvons constater la présence continue du sujet de l’illettrisme sur le web.
 
 
Volume de citation au sujet de l’illettrisme sur 1 an (de janvier à novembre 2011)


 


 
OÙ ?

Les blogs et les forums sont les supports les plus utilisés par les internautes pour discuter de l’illettrisme.
La part des sites d’information est également importante.
Nous l’évaluons à 21% des sources, ce qui représente une part non négligeable des informations relatives à l’illettrisme.
Les sites de partage (photos, vidéos…), ainsi que les sites spécialisés (ligne éditoriale précise) restent en marge par rapport aux trois autres types de sources.
 
 
 
 
 
Dans un second temps, nous avons réalisé une analyse approfondie d’un échantillon représentatif sur 2 mois (du 1er octobre au 30 novembre), les résultats diffèrent et l’on peut remarquer l’apparition du réseau social Twitter comme principale plateforme de discussion sur l’illettrisme.

 

Répartition des types de sources
(4995 sources uniques – janvier à novembre 2011)
 

 
Répartition des types de sources
(163 sources uniques – octobre à novembre 2011)
 


 
QUI ET DE QUELLE MANIERE ?

Il existe 6 manières de prendre la parole sur l’illettrisme.

 
I. Les Généralistes : Ces sources éditoriales, représentant 58% des acteurs, abordent différents types de thématiques.
 
On y trouve :

Les médias nationaux
Les medias régionaux
Les journalistes
Les personnalités politiques
Les bloggeurs
Les internautes intéressés
Les internautes engagés
 
Les principaux sujets abordés par ces acteurs sont (par ordre décroissant) :

Les actions de lutte
La prévention
La grande cause nationale 2012
Des témoignages
La politique
 
II. L’Éducation : Ces sources, représentant 13% des acteurs, sont spécialisées dans leur domaine.
 
On y trouve :

Les personnels de l’éducation
L’Académie
Les medias spécialisés
Les associations
Les collectifs enseignants
L’Etat.
 
Les principaux sujets abordés par ces acteurs sont (par ordre décroissant) :

Les actions de lutte
La grande cause nationale 2012
Les défauts de l’institution scolaire, les difficultés scolaires et le droit à l’éducation
 
 
III. Les Missions dédiées : Ces sources, représentant 10 % des acteurs, relayent des actions spécifiques dans la lutte contre l’illettrisme
 
On y trouve :

Les groupements d’intérêt public
L’Etat
Les Associations
Les collectivités territoriales
 
Les principaux sujets abordés par ces acteurs sont (par ordre décroissant) :

Les actions de lutte
Les informations sur l’illettrisme
L’accompagnement et les formations
La grande cause nationale 2012


 
IV. L’Emploi : Représentant 10 % des acteurs, ce sont les sources spécialisées sur les problématiques autour de l’emploi
 
On y trouve :

Les organismes publics de formation
Les associations
Le secteur privé
Les fondations
Le mécénat d’entreprises
Les syndicats
Les internautes intéressés
 
Les principaux sujets abordés par ces acteurs sont (par ordre décroissant) :

Les actions de lutte
Les informations sur l’illettrisme
L’accompagnement et les formations
La politique
 
 

V. Le Personnel : ces sources, représentant 5 % des acteurs, sont à l’origine d’expressions personnelles
 
On y trouve :

Les personnes qui en souffrent
Leur entourage à la recherche d’information et d’aide
 
 
 
 
Les principaux sujets abordés par ces acteurs sont (par ordre décroissant) :

Les défauts de l’institution scolaire
Les informations sur l’illettrisme
L’accompagnement et l’éducation
La politique
La grande cause nationale 2012

 
VI. La Santé : Ces sources, représentant 4% des acteurs, regroupent les spécialistes de la santé
 
 
On y trouve :

Les orthophonistes
Les organisations professionnelles
Les médias spécialisés
Les neuropsychologues
 
Les principaux sujets abordés par ces acteurs sont (par ordre décroissant) :

Les actions de lutte
L’accompagnement
La grande cause nationale 2012
La politique

À travers ces différents acteurs, on peut donc remarquer que la lutte contre l’illettrisme est le sujet le plus traité dans ce domaine sur le web.


 
VISION DES SOURCES PAR VOLUME

Ci-dessous, les principales sources de chaque univers d’acteur par volume
 

cliquez pour agrandir
 


 
EXTRACTION THEME

« GRANDE CAUSE NATIONALE 2012 »

TWITTER

C’est par cette plateforme que le thème « Grande Cause Nationale 2012 » a été le plus relayé. Que ce soit les Associations, les personnels de l’éducation (professeur, principal adjoint…) ou encore les personnalités politiques (Marie-Claire Carrere-Gee…). Plusieurs acteurs, en 2011, ont manifesté leur volonté que l’illettrisme puisse être la cause nationale 2012.
 
FORUM :
Cette plateforme a été peu utilisée pour ce thème.


MEDIAS :
Plusieurs sites web ont relayé des informations à ce sujet (anlci.gouvfr, unaf.fr…). Un site a même été mis en place pour ce projet : www.illettrismegrandecause2012.fr.
Cependant les informations concernant cette mobilisation sont trop dispersées pour pouvoir créer un réel impact à travers le web.

Luc Ferry

Illettrisme, merci de faire passer le mot

2003 – 2004

Le SPS lançait sa 4e campagne de sensibilisation : « Illettrisme, merci de faire passer le mot ».
Une nouvelle campagne de communication à destination du grand public, pour la promotion du N° Indigo dédié aux personnes concernées, mis en place par l’ANLCI.
Le SPS lançait la campagne avec un extrait du


film de Chaplin « Le Kid » et donnait carte blanche à cinq réalisateurs de cinéma pour la réalisation de courts-métrages, où chacun d’eux traitait le sujet de l’illettrisme à sa manière.
Avec le soutien de l’Association Chaplin et de Marin Karmitz, puis, en partenariat avec MK2, et sa filiale NADA, engagée aux côtés du SPS à la fois comme producteur et distributeur.

Le voisin Eric, un film de Nils Tavernier avec Miou-Miou et Jean-Louis Tribes


7 nuit ?, un film de Hippolyte Girardot avec Ana Girardot et Paul Jeanson

K.O., un film de Raphaël Frydman avec Samuel Djob et Moussa Konate

NIF, un film de Laurent Bouhnik avec Catherine Giron et Patrick Bordes

 


Un partenariat avec la Fnac est mis en place. L’illettrisme et Emmanuelle Seigner (qui incarne une mère illettrée dans le court métrage : « Sans toi » font la une du numéro de février d’EPOK avec un dossier de 8 pages consacré au sujet.
En mars le SPS et la Fnac sont présents à l’inauguration du Salon du Livre.


En avril 2004 la Fnac « fait passer le mot » du SPS dans ses 67 magasins en diffusant le clip de lancement extrait du « Kid » sur les écrans Séquences Fnac, situés à l’entrée des magasins, puis les cinq courts métrages dans les Espaces Forums, relayés dans les programmes « Les rendez-vous de la Fnac », avec un rappel dans le magazine Contact adressé à tous ses abonnés.

 

Sans Toi, un film de Liria Bégéja avec Emmanuelle Seigner

Agir au quotidien

Savoir lire, écrire et compter est un enjeu majeur de l’intégration sociale.
Le Syndicat de la Presse Sociale (SPS) se bat pour favoriser l’accès à l’éducation pour qu’enfants et adultes puissent apprendre, s’épanouir et participer à l’évolution de la société dans laquelle ils vivent.
Afin de lutter contre l’illettrisme, le SPS se propose de mettre à la Une quelques programmes de remise à niveau pour les adultes et d’accompagnement scolaire pour les enfants en difficulté.
 
REPERER
Vivre au quotidien l’illettrisme, c’est s’adapter, se débrouiller, répondre aux problèmes de la vie courante, ainsi il est difficile d’identifier une personne en situation d’illettrisme, car elle a souvent mis en place des stratégies de contournement, souvent astucieuses et efficaces. Elle trouve des subterfuges pour ne pas avoir à lire ou écrire devant un tiers. Certains embarras peuvent mettre la puce à l’oreille : elle ne sait pas bien expliquer son itinéraire


pour se rendre dans son quartier ; elle évalue mal le temps de son trajet ; elle ne connaît pas sa date de naissance. Tous ces signes trahissent des difficultés à se repérer dans l’espace et le temps.Face à une fiche à remplir, elle prétextera qu’elle a mal aux yeux, oublié ses lunettes, qu’elle est fatiguée. Elle se fera accompagner, demandera si elle peut emporter les papiers chez elle pour les remplir au calme. Elle sait mettre en marche un appareil électronique par tâtonnement, sans avoir recours au mode d’emploi. D’autres détails permettent de cerner un manque d’autonomie en famille : elle refuse par exemple toute idée d’activité ou de formation pour ses enfants, elle ne va jamais aux réunions de parents d’élèves, «parce que ce sont toujours les mêmes qui parlent, toujours les mêmes qu’on écoute» …
 
Ces stratégies du quotidien révèlent des savoir-faire : mémoire, capacité de repérage, sens pratique, capacités relationnelles, débrouillardise …


 

PREVENIR
C’est garantir à chaque élève la maîtrise des automatismes de la lecture, c’est leur transmettre le goût de la lecture, c’est aussi leur assurer l’accès aux livres.
Les relations que les parents entretiennent avec l’école, mais aussi avec la lecture et l’écrit, influencent la vision que les enfants auront de leur propre scolarité.
Le rôle des proches est capital : l’acquisition des savoirs de base doit se faire en famille.
 
La prévention de l’illettrisme se joue dès l’école maternelle, avec les apprentissages fondamentaux. Elle se poursuit tout au long de la scolarité. C’est pour cela que cette prévention doit commencer tôt, car 15 à 20 % des élèves entrent au collège sans maîtriser les compétences de base en français.
Livrés à eux-mêmes dans les structures du secondaire, certains perdent pied et sortiront de l’école sans qualification. Un franc recul des problèmes d’illettrisme a été observé dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP), cela démontre que, ce sont les actions de proximité et d’accompagnement dans l’apprentissage des savoirs qui constituent l’une des meilleures parades. Si l’illettrisme est dû le plus souvent à des causes d’ordre psychologique, économique ou social, il peut également découler



de troubles fonctionnels, tels que la dyslexie et la dysorthographie, entravant l’apprentissage du langage. Ces troubles peuvent néanmoins être facilement corrigés par des séances d’orthophonie.


 

AGIR
La lutte contre l’illettrisme ne peut se réaliser que dans des actions concertées de sensibilisation et sur la durée. De plus, la maîtrise des compétences de base n’est pas une fin en soi. C’est parce que lire, écrire, calculer, s’exprimer, utiliser un ordinateur… a un sens pour celui qui apprend (pour atteindre un objectif personnel ou professionnel) comme pour celui qui organise la formation (en fonction des


 
enjeux de la collectivité) que l’illettrisme recule. On ne soulignera jamais assez la fonction d’accompagnement des personnes dans ce processus et le respect sans faille de la personne en situation d’illettrisme (avec ses acquis, son expériences, ses peurs, ses projets et ses capacités ). C’est là toute la difficulté mais aussi toute la richesse des actions menées par chacun au quotidien.


 

QUELQUES CHIFFRES-CLES

 

(Source : Enquête « information et vie quotidienne » conduite en 2004-2005 par l’INSEE)

 

En général, 1 personne sur 10 en France ne parvient pas à communiquer par écrit.
3100 000 personnes sont en situation d’illettrisme, soit 9% de la population adulte.
Plus de 1,8 million de personnes occupant un emploi, 8% des personnes en emploi,


57 % des personnes dans l’emploi et 15% sont en recherche d’emploi.
En particulier,plus de la moitié des illettrés ont plus de 45 ans : 59% sont des hommes et 51% vivent en zone urbaine de plus de
20 000 habitants.

Qu’est-ce que le SPS

LLe Syndicat de la presse sociale (SPS) rassemble représente et défend environ 150 éditeurs, qui publient plus de 170 publications. Ces publications s’adressent à vingt millions de lecteurs. Il offre aux éditeurs des services personnalisés : information et formation générale ou thématique, conseil et assistance juridique, technique, administrative, fiscale…).
Comme l’ensemble de la presse, la presse sociale participe à l’approfondissement des connaissances et du savoir. Plus singulièrement, en tant que vecteur privilégié des pratiques sociales dans leurs diversités, elle contribue à la formation permanente des individus, à l’enrichissement de la pensée sociale et à la valorisation du savoir-faire né de l’expérience sociale. C’est une presse citoyenne, pour des lecteurs acteurs et pas seulement consommateurs.
Le Syndicat de la presse sociale inscrit son action dans celle de la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS*). Elle est donc solidaire des autres formes de presse.


Il assure leur représentativité auprès des ministères et administrations de tutelle. Des membres du SPS et de la FNPS siègent également dans les instances professionnelles comme la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse, la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels ou encore les caisses de retraite de la presse.
La presse sociale a une finalité non lucrative, ce qui est une garantie supplémentaire de son indépendance.
Par ailleurs, le SPS sait également être l’amplificateur des engagements éthiques et sociaux de ses publications adhérentes autour de thèmes fédérateurs. Il se mobilise régulièrement contre l’exclusion sociale et il mène notamment une lutte permanente contre l’illettrisme.
* Fédération Nationale de la Presse d’information Spécialisée
www.fnps.fr

Poursuivons notre combat !

Philippe Marchal

 

Le label Grande cause 2012 pour lequel nous nous sommes tous mobilisés fin 2011 a été attribué à la prise en charge de l’autisme.
Nous tenons à souligner que les objectifs que nous poursuivons avec l’ANLCI et les 53 organisations du collectif porteur de la candidature restent intacts.

Poursuivre la mobilisation créée par la candidature Illettrisme Grande Cause Nationale 2012

Le SPS mène depuis plus de quinze ans des campagnes d’information en faveur de la lutte contre l’illettrisme pour sensibiliser le grand public à ce grave sujet de société, dont l’ampleur est trop souvent sous-estimée. Son action se porte sur tous les terrains, auprès des entrepreneurs et des acteurs de l’entreprise, ainsi que du grand public.
Le SPS lance, dans la perspective des élections présidentielles de 2012, une nouvelle campagne d’envergure, au service des personnes concernées, avec le soutien d’éminentes personnalités, pour alerter les politiques et les pouvoirs publics et les amener à mettre en place les structures appropriées, afin de lutter durablement contre l’illettrisme.


En cela, le SPS se veut être l’amplificateur des engagements éthiques de ses adhérents, mais au-delà d’un simple engagement, il s’agit d’une vraie mobilisation contre l’exclusion sociale.

Luc Ferry


Luc Ferry, né le 3 janvier 1951 à Colombes (Hauts-de-Seine), est un professeur de philosophie français.
 
Ancien Ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche sous la Présidence de Jacques Chirac (2002-2004).
À son arrivée au gouvernement, Luc Ferry annonce des mesures centrées autour de la lutte contre l’illettrisme.


Luc Ferry déplore que le système éducatif français fabrique de l’échec sans parvenir à y porter remède.
 
Dans cet entretien, Luc Ferry pense qu’il faudrait intervenir dès l’identification des difficultés scolaires. Sa proposition consiste à dédoubler la classe de cours préparatoire avec deux enseignants par classe en cas de besoin, suivant l’exemple finlandais …