« Le choc de compétitivité » …

Tribune parue le mercredi 14 novembre 2012
par Philippe Marchal,
Président du Syndicat de la Presse Sociale
ILLETTRISME « Le choc de compétitivité » passe d’abord par-là

« Patron, j’arrive pas à lire l’instruction sur la machine, j’ai oublié mes lunettes… »,

« Désolé, je ne peux pas suivre la formation, je suis blessé et ne peux pas écrire… »

Évitement constant, désarroi honteux, isolement déqualifiant, tel est le lot quotidien de ceux qui subissent leur illettrisme, cette calamité qui touche toujours trois millions de nos concitoyens.

Le syndicat de la Presse sociale (celle des syndicats, des mutuelles, des associations) est pourtant engagé depuis près de vingt ans dans ce domaine. L’Agence nationale de Lutte contre l’illettrisme, fédère depuis 12 ans toutes les initiatives et alerte continument professionnels et pouvoirs publics. Année après année, leurs centaines de publications, bulletins, journaux, s’efforcent d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur ce désastre national. En vain ?
Le nombre d’illettrés demeure. Il faut donc faire plus. Maintenant ! Tout de suite !

Et surtout, ne confondons pas comme la plupart de nos concitoyens illettrisme et analphabétisme. Les analphabètes n’ont jamais été scolarisés, n’ont jamais appris à lire et à écrire. Les illettrés, eux, sont allés à l’école, en France, avec vous. Ils ont appris à lire, écrire, compter. Mais peu à peu, faute de pratique, parce que leur situation sociale s’est dégradée, ils ont tout désappris. Nous avons peine à imaginer que la lecture, l’écriture, ces fondements ancrés depuis notre enfance, se perdent. C’est pourtant ce qui est arrivé à trois millions des nôtres. De lettrés de base, ils sont devenus des illettrés complets.

Les chiffres actuels font froid dans le dos. Parmi les 18-65 ans, on compte 9 % d’illettrés, soit 3,1 millions d’adultes jadis scolarisés. S’ajoutent à eux chaque année 40.000 jeunes (4,1 % des appelés à la Journée d’appel et de préparation à la défense) qui, à peine sortis de l’école, ne savent déjà plus lire ni écrire. 74 % des illettrés parlaient uniquement le Français à la maison à l’âge de cinq ans. On est loin du cliché de l’illettré, forcement immigré de fraîche date.

Même si 60 % des illettrés ont un emploi, être illettré, c’est ne pas pouvoir lire une consigne de sécurité à l’usine, sur un chantier, un panneau dans la rue, un plan de transports, un horaire de bus, des bordereaux de livraison, un mode d’emploi, une instruction professionnelle, une note de service, une notice de médicament, une carte postale. Vivre normalement devient un défi de chaque jour, qui ne peut se résoudre sans une attention extérieure et volontariste. Car l’illettrisme est un mal caché. Frustration, repli sur soi, fragilité, crédulité, simplisme, c’est le mal des humbles. Premier effet : la solitude. Parents incapables de lire les cahiers de leurs enfants, chômeurs incapables de consulter les petites annonces, d’écrire un C.V. Leur souffrance est silencieuse. Le monde tourne à côté d’eux. Sans eux.
Internet ajoute à l’illettrisme un nouvel handicap. Support de nouvelles formes d’expressions, de réseaux collectifs, de nouveaux services, Internet est le vecteur n°1 pour la recherche d’un bien, d’un logement, d’un emploi. Mais les illettrés n’ont pas accès à Internet.

Telle est la situation. Elle est d’autant moins perçue que les intéressés ne réclament rien, tendent à se rendre invisibles, cachent leur handicap comme une maladie honteuse. C’est le fameux : « Excusez-moi, j’ai oublié mes lunettes…» Ou bien : « Je ne peux pas écrire, je me suis blessé à la main… »

Des moyens, ici et là, ont été mis en œuvre. Il en faudrait dix fois plus. Les bonnes volontés individuelles, le bénévolat, les initiatives municipales ne suffisent pas. Seule une politique déterminée, au niveau de l’État et de la nation toute entière, peut venir à bout de ce fléau. Si les pouvoirs publics se mobilisent, si l’opinion publique bouge, trois millions de nos concitoyens peuvent retrouver le chemin du savoir lire, écrire, compter.

Pour commencer, déclarons l’illettrisme Grande Cause Nationale 2013 ! Les Français et l’État réagiront-ils ? Espérons-le. La chose mérite d’être tentée.
Le label « Grande cause nationale» permet à des organismes à but non lucratif d’obtenir le soutien des medias public. Le sida, la maladie dʼAlzheimer, lʼenfance maltraitée, la solitude, ont été déclarés à bon escient grandes causes nationales. La même attention s’impose pour ce fléau. Le Syndicat de la Presse Sociale l’appelle depuis quinze ans. Le Collectif « Illettrisme Grande Cause 2013 », demande ce label à Matignon depuis deux ans. Va-t-on devoir tarder une année de plus ?

Les 22 mesures du rapport Gallois ne prendront vraiment leur sens quand on se donnera vraiment les moyens de réinsérer dans notre dispositif social, culturel et économique les 3 millions de Français qui en sont exclus

Pour aller plus loin :
Téléchargez le rapport Gallois :
« PACTE POUR LA COMPÉTITIVITÉ DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE »

Samedi 28 avril à 13H15

A ne pas manquer,
 

l’émission de Laurent Delahousse « 13H15, Le Samedi » sur France 2, consacrée à la lutte contre l’illettrisme.
 

Un reportage de 25 mn, préparé avec l’appui de l’équipe nationale de l’ANLCI,
sera centré sur le portrait de trois personnes qui suivent actuellement une formation
aux savoirs de base.
 

Pour plus d’information sur l’émission : http://www.anlci.gouv.fr « 13H15, le Samedi »

 

Pour revoir l’émission en replay à partir de Samedi après-midi :
http://13h15-le-samedi.france2.fr

 
Portrait d’un témoin, Daniel Vannet.
www.lavoixdunord.fr

 
Pour contacter l’ANLCI : www.anlci.gouv.fr
 
Numéro Indigo « Illettrisme et solidarité » : 0820 33 34 35
 

Virginie de Galzain

L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre.
Tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre.

Antoine de Saint-Exupéry


ILLETTRISME : LE MOT POUR LE DIRE !


Par Virginie de Galzain, photographe


 
Nommer ou ne pas nommer ? Voir ou ne pas voir ? Comme de nombreux autres, l’illettrisme est de ces sujets prioritaires dont il est urgent mais « délicat » de parler. Le nommer, c’est risquer d’étiqueter, de stigmatiser, de provoquer l’exclusion de ceux qui sont concernés. Ne pas le nommer, c’est nier une réalité humaine, éducative, professionnelle, sociale.
C’est pourquoi j’ai décidé d’en faire le cœur d’un photoreportage*. C’est pourquoi nous choisissons de le “ dire ”.
 
Lire et écrire : ne plus savoir…
 
L’illettrisme est un mot, une notion, une réalité qui fait peur. Une réalité taboue car elle sous-tend la différence, l’inacceptable, l’impossible particulièrement dans notre pays. Car c’est un fait : plus de 3 millions de personnes en France sont en situation d’illettrisme. Plus 3 millions de personnes de plus de 16 ans qui ont été à l’école mais qui ont perdu la maîtrise de l’écriture, de la lecture et/ou du calcul. Ce que l’on appelle aujourd’hui dans le jargon des initiés : “ les connaissances de base ” voire “ les compétences clés ”. Des clés indispensables pour ne pas rester à la porte de la société.
 
▪ Avoir accès à une éducation qui conduit à la réussite de tous ? C’est un préalable au bien-être, au développement, à l’avenir de tout individu, de toute société. C’est rendre possible le progrès et l’avenir social, le développement professionnel et donc la stabilité d’une entreprise, et par extension la croissance économique et le maintien de la démocratie. C’est permettre à tous de tendre vers plus de sécurité. De cette sécurité qui donne confiance et permet d’avancer.
 
▪ Car maîtriser la lecture et l’écriture, ce n’est pas seulement reconnaître l’alphabet, savoir déchiffrer un texte ou savoir compter sur ses 10 doigts ; on peut savoir « lire » à peu près un article de magazine, mais ne pas pouvoir lier les informations les unes aux autres, ne pas comprendre ce qu’on lit ou faire des contre sens préjudiciables. On peut faire ses courses car on a mémorisé visuellement les emballages et ne pas savoir que dans le paquet de biscuits de son fils, il y a un composant auquel il est allergique parce qu’on ne peut pas le lire. On peut être capable de bricoler des placards et des meubles chez soi comme un professionnel et ne pas comprendre une règle du jeu ou une notice de médicament. On peut laisser un mot à son enfant pour lui dire que l’on va rentrer tard et ne pas pouvoir l’aider à faire ses devoirs.
 
▪ On peut enfin avoir un emploi (plus de la moitié des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi, ndlr) et se trouver au pied du mur le jour où cet emploi demande des compétences nouvelles : entrer des données avec des outils informatiques, utiliser un nouveau matériel qui suppose d’avoir des acquis minimum par exemple. Ce jour-là : que faire si on se trouve face à un employeur qui « n’imagine pas que… » ? Démissionner, par peur de le dire, de se retrouver dans un placard ou d’être licencié ? Avec, à la clé, des difficultés financières et d’emploi inhérentes. Ou bien en parler : mais comment ? Et à qui ?
 
Autant d’éléments qui révèlent d’une part la capacité relative à « vivre avec », à « se débrouiller » pour que cela ne se voit pas, et d’autre part les obstacles importants qui fragilisent les individus dans tous les aspects du quotidien.
 
… à la sérénité, à la liberté
 
Connaître et maîtriser les « savoirs de base », c’est pouvoir être autonome, indépendant. Quel que soit son niveau post-scolaire, c’est être à égalité avec les autres pour ce qui concerne le quotidien : pouvoir soutenir une conversation, répondre clairement et efficacement à des demandes, faire son travail en limitant le risque d’erreurs, lire et comprendre un livre, répondre à une annonce, se présenter lors d’un entretien d’embauche, analyser un contrat ou un devis avant de le signer, participer à la scolarité de ses enfants.
 
▪ C’est aussi avoir le choix d’agir et de penser : de vivre le présent plus sereinement et de mieux préparer son avenir. C’est savoir que l’on dispose d’un socle qui permet d’aller plus loin, de faire des études, une formation professionnelle. En tout cas d’essayer pour savoir de quoi l’on est capable. C’est se dire que l’on n’est pas tenu d’accepter des emplois instables, peu voire non qualifiés sous x prétextes alors que l’on a des aptitudes fortes pour certaines disciplines, compétences. Ce, dans la mesure des moyens disponibles. C’est en substance apprendre, progresser tout au long de sa vie, car nous sommes tous en apprentissage constant.
 
▪ C’est être moins malléable, moins sujet à manipulation et avoir les capacités de vérifier et de s’approprier les informations que l’on reçoit. C’est pouvoir réfléchir, prendre du recul, réagir, débattre, dire oui ou non, savoir mieux pour qui et pour quoi l’on va voter au lieu de suivre un mouvement. Par exemple.
 
▪ C’est enfin, et peut-être même surtout éprouver ces sensations de plaisir, d’évasion, d’interrogation et d’émotion que les mots offrent sous toutes leurs formes, tous leurs modes de diffusion et d’appréhension. C’est être conscient de la valeur du savoir, de sa transmission. C’est avoir un accès inépuisable et renouvelable aux mondes qui nous entourent, à la connaissance, dans un partage permanent avec les autres. Je lis, donc je suis… libre !
 
Détection et prise en charge ?
 
Toute la difficulté est là. Cela ne se voit pas. Cela ne s’imagine même pas a priori. Conséquence : la détection des personnes en situation d’illettrisme ne va pas de soi. Comment détecter une personne concernée, ce, de façon suffisamment juste pour qu’elle ne se sente pas en situation d’infériorité ou de honte ?
 
▪ Pourquoi les 40 000 jeunes (chiffre moyen) détectés chaque année en situation d’illettrisme à la suite des tests de lecture des JDC (journées Défense et Citoyenneté) ne bénéficient-ils pas d’une prise en charge spécifique suffisante : malgré leur signalement, quand bien même ils seraient encore scolarisés ? Car rester sur les bancs de l’école et faire acte de présence dans ces conditions est pour le moins inutile et non constructif. Pourquoi attendre ?
 
▪ Comment, une fois ces difficultés détectées, y répondre tout en tenant compte des capacités, des points forts de ladite personne ? Mais aussi de son contexte de vie (situation économique, familiale, environnementale) ? Est-ce que l’on est prêt à s’adapter à chacun pour qu’il ait toutes les chances de s’en sortir mais aussi de trouver « sa » voie et non « celle » qu’on aura parfois voulu tracer pour lui de l’école à la vie professionnelle ? Ou la prise en compte des moyens disponibles, des systèmes en place, des quotas d’accès aux formations et à l’emploi est-elle plus forte ? Autant de questions qui attendent encore certaines réponses.
 
▪ Dire ou ne pas dire ? Car qui va admettre d’emblée qu’il ne maîtrise pas la lecture et l’écrit voire qu’il est en situation d’illettrisme ? Les jeunes qui sortent de l’école sont étiquetés « illettrés » parce qu’ils ont dépassé le seuil des 16 ans ; dans leur esprit, ils sont avant tout en échec scolaire et doivent réapprendre à avoir confiance en eux, à savoir pourquoi apprendre. Ils ne vous dirons pas : « Je souhaite faire une formation car je ne sais pas lire » mais « Je souhaite faire une formation pour travailler, pour ne pas finir dans la rue ». La vision est résolument positive.
 
▪ Et là, se pose l’organisation du suivi, de l’orientation, de l’interaction et de l’interconnexion des acteurs car il est non seulement illusoire mais aussi absurde de ne pas lier davantage et mieux les maillons de la chaîne. Une chaîne qui existe mais qui a besoin de soutiens importants et d’un engagement politique renouvelé. Avec des acteurs qui savent que les enjeux sont la réussite scolaire, l’accès à la formation et à l’emploi, la stabilité de l’entreprise et de la société, la valorisation de l’être humain.
 
Une priorité gouvernementale : et si on apprenait à « voir » ?
 
Plus de 3 millions de personnes en situation d’illettrisme en France. Plus de 80 millions en Europe. Comment est-ce possible ? Nous ne sommes pas en guerre. Le pays est maillé d’établissements scolaires et l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans révolus pour tous les enfants présents sur le territoire : français ou étrangers. Et la crise actuelle n’a rien à voir là-dedans : cet état de fait remonte à plusieurs décennies. (En revanche, elle risque fort d’être (mal) invoquée pour (re)définir les priorités, ndlr). So what ?
 
▪ Avoir accès à l’éducation est un droit fondamental pour tous. Avec l’accès à la nourriture, à l’emploi, au logement et à la santé, l’éducation représente un des 5 piliers des droits fondamentaux de l’être humain. De ces piliers « clés », « de base » qui devraient ressortir en top 5 de chaque programme présidentiel, qui doivent faire partie d’un socle constant de priorités gouvernementales et ce, d’autant plus qu’elles concernent de plus en plus de personnes dans notre pays et dans le monde.
 
▪ Complexe, cette priorité est à prendre en compte dès le plus jeune âge pour prévenir, et tout au long de la vie pour garantir. Les actions sont à mener de front et de concert avec l’Éducation, la Formation et l’Emploi, en créant encore plus de ponts, en levant plus de verrous, en décloisonnant les systèmes ; en faisant en sorte que tous les acteurs concernés prennent appui les uns sur les autres, travaillent ensemble et pas – dans certains cas – chacun pour sa paroisse. Force est de constater de nombreux sont ceux, parmi ceux qui agissent envers les 16-25 ans notamment, qui souhaitent plus de suivi, d’échange d’informations et d’expertises, de simplicité relationnelle et fonctionnelle.
 
Cette volonté est motivée par une conscience et une reconnaissance du rôle de chacun dans ce travail considérable sur le terrain ; par une nécessité évidente et seule qui vaille : celle d’agir ensemble de façon efficace vers un unique objectif. Ce, au-delà d’autres impératifs : le temps, l’espace, la souplesse d’action, les relais nécessaires, des personnes engagées et compétentes, l’assurance de soutiens financiers à long terme.
 
▪ Il est donc urgent que les dirigeants et les entrepreneurs de ce pays prennent et/ou gardent la conscience active que des millions de membres de la société sont exclus et n’ont pas leur vie ni leur avenir en main. Si tant est qu’on les ait un minimum aujourd’hui : raison de plus pour que chacun ait un socle commun d’acquis. Raison de plus pour que ce droit à une éducation égalitaire soit valable et réalisable pour et par tous. Ainsi un jour peut-être, on ne parlera plus d’illettrisme.
 
 
EN SAVOIR PLUS :
Le site de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme http://www.anlci.gouv.fr/
* Reportage Illettrisme, droit de savoirs http://droitdesavoirs.wordpress.com/

« Pouvoir lire le monde »

 

Colloque organisé par la Fondation SNCF mercredi 28 mars 2012
de 13h30 à 18h30 au Palais Brongniart, 75002 Paris

 
Un engagement croissant de la Fondation SNCF face à l’illettrisme

 
Avec son appel à projets « Entre les lignes » créé il y a quatre ans, la Fondation SNCF a déjà soutenu 254 associations. Ces structures de proximité travaillent quotidiennement, en région, pour donner aux enfants et aux adolescents le goût des mots.
 
En 2011, la Fondation SNCF a franchi une nouvelle étape dans son engagement en faveur de ce combat, en mettant en place des partenariats nationaux sur 3 ans pour soutenir de grandes associations. Agissant sur tout le territoire, elles mènent également un véritable travail de fond pour faire reculer l’illettrisme.
C’est donc tout naturellement que l’équipe de la Fondation SNCF a décidé d’aller plus loin, en organisant cette année un colloque, élaboré avec le concours d’Alain Bentolila,
 


 

linguiste et administrateur de la Fondation SNCF.
Dédié aux associations, aux éducateurs, aux élus bien sûr et aux médias, ce colloque se veut un moment consacré à la réflexion.
 
« Nous avons rassemblé experts et spécialistes du sujet afin que les participants puissent à la fois prendre de la hauteur et enrichir leurs méthodes d’action », explique Marianne Eshet, déléguée générale de la Fondation SNCF.
 
Les intervenants du colloque : Alain Bentolila, Serge Boimare, Marie-Danièle Campion, Bernard Emsellem, Marianne Eshet, Marie-Thérèse Geffroy, Bruno Germain, Claude Halmos, René Macron, Phillipe Meirieu, Erik Orsenna, Jean-Marie Petitclerc, en présence de Guillaume Pepy.
 
 

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WIAZ

© L' illettrisme vu par Wiaz pour le Syndicat de la Presse Sociale (SPS)

L' illettrisme vu par Wiaz - Dessinateur de Presse au Nouvel Observateur -
©le Syndicat de la Presse Sociale (SPS)