Il faut se mettre d’accord sur les mots !

Pour bien comprendre la réalité des situations des personnes et pour trouver des solutions appropriées, il faut se mettre d’accord sur les mots.
Il est important de cesser de confondre illettrisme, analphabétisme et apprentissage du français langue étrangère.
Nous vous proposons des définitions simples et claires pour savoir de qui nous parlons et de quoi nous parlons.
 
L’ANALPHABETISME
peut être défini comme le degré zéro de la lecture et de l’écriture : « Je ne sais pas, je n’ai jamais appris ».
Ce sont des personnes qui n’ont jamais été scolarisées. On parle, alors, d’analphabétisme. Il s’agit pour elles d’entrer dans un premier apprentissage.
 
L’APPRENTISSAGE
Les personnes étrangères ou non scolarisées en français ne sont pas en situation d’illettrisme, mais relèvent de l’apprentissage du français comme langue étrangère.
 
L’ILLETTRISME
est une nouvelle réalité distincte de l’analphabétisme : « J’ai appris, j’ai su, j’ai perdu, j’ai oublié »
 
Nous considérons comme relevant de la situation d’illettrisme des personnes de plus de 16 ans, ayant été scolarisées et ne maîtrisant pas suffisamment les « savoirs de base » :


lire, écrire et compter pour faire face aux exigences minimales requises dans leur quotidien, leur vie professionnelle, sociale et culturelle.
 
Ces personnes, alphabétisées, sont sorties du système scolaire en ayant peu ou mal acquis les savoirs premiers pour des raisons sociales, culturelles ou personnelles et n’ont pu user de ces savoirs et/ou n’ont jamais acquis le goût de cet usage.
 
En ce qui concerne la typologie des publics, elle est également très variée. Nous recensons des hommes, des femmes, des jeunes ou des adultes, des salariés comme des demandeurs d’emploi, des détenus … pour lesquels le rapport à l’écrit n’est ni immédiat, ni spontané, ni facile et qui évitent ou appréhendent ce moyen de communication. Il apparaît difficile de définir une catégorie-type des personnes concernées par l’illettrisme.
 
L’illettrisme est devenu un enjeu social car elle interroge la société toute entière. On peut donc dire que :
 
- l’illettrisme est un phénomène de société, qui existe depuis longtemps, mais sous des formes variées et des vocables variables
 
- l’illettrisme d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui, ni celui de demain … Ne parle-t-on pas déjà de fracture numérique et même d’illectronisme ?