Repérer, Prévenir, Agir

Savoir lire, écrire et compter est un enjeu majeur de l’intégration sociale.
Le Syndicat de la Presse Sociale (SPS) se bat pour favoriser l’accès à l’éducation pour qu’enfants et adultes puissent apprendre, s’épanouir et participer à l’évolution de la société dans laquelle ils vivent.
Afin de lutter contre l’illettrisme, le SPS se propose de mettre à la Une quelques programmes de remise à niveau pour les adultes et d’accompagnement scolaire pour les enfants en difficulté.
 
REPERER
Vivre au quotidien l’illettrisme, c’est s’adapter, se débrouiller, répondre aux problèmes de la vie courante, ainsi il est difficile d’identifier une personne en situation d’illettrisme, car elle a souvent mis en place des stratégies de contournement, souvent astucieuses et efficaces. Elle trouve des subterfuges pour ne pas avoir à lire ou écrire devant un tiers. Certains embarras peuvent mettre la puce à l’oreille : elle ne sait pas bien expliquer son itinéraire


pour se rendre dans son quartier ; elle évalue mal le temps de son trajet ; elle ne connaît pas sa date de naissance. Tous ces signes trahissent des difficultés à se repérer dans l’espace et le temps.Face à une fiche à remplir, elle prétextera qu’elle a mal aux yeux, oublié ses lunettes, qu’elle est fatiguée. Elle se fera accompagner, demandera si elle peut emporter les papiers chez elle pour les remplir au calme. Elle sait mettre en marche un appareil électronique par tâtonnement, sans avoir recours au mode d’emploi. D’autres détails permettent de cerner un manque d’autonomie en famille : elle refuse par exemple toute idée d’activité ou de formation pour ses enfants, elle ne va jamais aux réunions de parents d’élèves, «parce que ce sont toujours les mêmes qui parlent, toujours les mêmes qu’on écoute» …
 
Ces stratégies du quotidien révèlent des savoir-faire : mémoire, capacité de repérage, sens pratique, capacités relationnelles, débrouillardise …


 

PREVENIR
C’est garantir à chaque élève la maîtrise des automatismes de la lecture, c’est leur transmettre le goût de la lecture, c’est aussi leur assurer l’accès aux livres.
Les relations que les parents entretiennent avec l’école, mais aussi avec la lecture et l’écrit, influencent la vision que les enfants auront de leur propre scolarité.
Le rôle des proches est capital : l’acquisition des savoirs de base doit se faire en famille.
 
La prévention de l’illettrisme se joue dès l’école maternelle, avec les apprentissages fondamentaux. Elle se poursuit tout au long de la scolarité. C’est pour cela que cette prévention doit commencer tôt, car 15 à 20 % des élèves entrent au collège sans maîtriser les compétences de base en français.
Livrés à eux-mêmes dans les structures du secondaire, certains perdent pied et sortiront de l’école sans qualification. Un franc recul des problèmes d’illettrisme a été observé dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP), cela démontre que, ce sont les actions de proximité et d’accompagnement dans l’apprentissage des savoirs qui constituent l’une des meilleures parades. Si l’illettrisme est dû le plus souvent à des causes d’ordre psychologique, économique ou social, il peut également découler



de troubles fonctionnels, tels que la dyslexie et la dysorthographie, entravant l’apprentissage du langage. Ces troubles peuvent néanmoins être facilement corrigés par des séances d’orthophonie.


 

AGIR
La lutte contre l’illettrisme ne peut se réaliser que dans des actions concertées de sensibilisation et sur la durée. De plus, la maîtrise des compétences de base n’est pas une fin en soi. C’est parce que lire, écrire, calculer, s’exprimer, utiliser un ordinateur… a un sens pour celui qui apprend (pour atteindre un objectif personnel ou professionnel) comme pour celui qui organise la formation (en fonction des


 
enjeux de la collectivité) que l’illettrisme recule. On ne soulignera jamais assez la fonction d’accompagnement des personnes dans ce processus et le respect sans faille de la personne en situation d’illettrisme (avec ses acquis, son expériences, ses peurs, ses projets et ses capacités ). C’est là toute la difficulté mais aussi toute la richesse des actions menées par chacun au quotidien.


 

QUELQUES CHIFFRES-CLES

 

(Source : Enquête « information et vie quotidienne » conduite en 2004-2005 par l’INSEE)

 

En général, 1 personne sur 10 en France ne parvient pas à communiquer par écrit.
3100 000 personnes sont en situation d’illettrisme, soit 9% de la population adulte.
Plus de 1,8 million de personnes occupant un emploi, 8% des personnes en emploi,


57 % des personnes dans l’emploi et 15% sont en recherche d’emploi.
En particulier,plus de la moitié des illettrés ont plus de 45 ans : 59% sont des hommes et 51% vivent en zone urbaine de plus de
20 000 habitants.